La mobilité militaire, quel enjeu pour le combiné ?
La mobilité militaire : quel rôle pour le transport combiné ?
Le retour de la guerre en Europe depuis 2022 et, plus généralement, la montée des tensions internationales dont l’affrontement autour de l’Iran est la plus récente illustration, a engendré un fort regain d’investissements dans la défense en Europe. Outre les armements et les compétences humaines, l’effort porte sur la « mobilité militaire », cette capacité des forces armées à déplacer rapidement et efficacement troupes et matériels. Mais quels acteurs assure cette mobilité ? quels défis doit-elle relever, et le transport combiné peut-il y jouer un rôle ?
Ce « Dossier du mois » propose aux lecteurs de la Combilettre une visite de ce concept peu connu mais pourtant stratégique, à la fois pour les armées et pour les entreprises de transport qui y participent.
La mobilité militaire, une fonction capitale…
L’expression « mobilité militaire » désigne l’ensemble des moyens et des procédures permettant aux forces armées d’un État de déplacer rapidement troupes, véhicules, équipements, carburants et munitions, à travers son territoire ou au-delà, en temps d’exercice, de crise ou de conflit.
La mobilité militaire est ainsi une condition indispensable à l’efficacité des armées et revêt pour cette raison une importance capitale. Ainsi, avec l’intendance, cette fonction en charge des stocks, vêtements et alimentations des troupes, elle a toujours fait partie de leur organisation – en France, sous différentes appellations comme le « train des équipages militaires » (1807) puis le « train » (1875). Ici, le mot « train » n’a encore rien de ferroviaire et désigne simplement le transport, à l’époque exclusivement hippomobile.
…historiquement appuyée sur les modes de transport massifiés
Avec l’ère moderne, l’apparition des modes de transport mécanisés bouleverse la mobilité militaire : la guerre de Sécession aux Etats-Unis (1861-65) révèle l’importance des chemins de fer, qui permet de projeter hommes et matériels rapidement et sur de grandes distances ; la Première Guerre mondiale en Europe (1914-18) révèle l’efficacité du camion, qui permet avec une extrême souplesse la desserte des fronts. Chemins de fer et camions autorisent ainsi des transports en rapidité et en masse, des vertus devenus cruciales dans les conflits contemporains.
En France, la mobilité militaire s’est longtemps appuyée sur le transport ferroviaire, dont le réseau est équipé de lignes « stratégiques » (certaines n’étant qu’ouvertes qu’aux convois militaires), d’embranchements particuliers et de gares militaires. Dans le nord et l’est, le réseau ferroviaire a été spécifiquement construit pour une fluidité maximale des convoyages, par de nombreux raccordements multidirectionnels, sauts-de-moutons et sections à voie au moins double. Aujourd’hui, le « réseau ferré stratégique de défense » couvre une grande partie du réseau national et compte encore plus de 100 sites identifiés : installations, terminaux embranchés, lignes capillaires à usage exclusif, sites stratégiques. Il permet en particulier le transport des véhicules militaires parmi les plus lourds de l’armée comme les chars « Leclerc » (jusqu’à 65 tonnes).
Source : GNTC
