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Article • Mulhouse • Fluvial • 23 April 2021

A Strasbourg, la voie fluviale pour verdir la logistique urbaine

 

Le service de distribution par bateau ULS, lancé en juillet 2020, a réussi à se faire une place dans le transport de marchandises au cœur de la capitale alsacienne. Un succès que l’opérateur espère essaimer ailleurs.

Des salariés de la société Urban Logistic Solutions déchargent une barge, avant de livrer les marchandises en centre-ville par vélo-cargo électrique, à Strasbourg, 

Utiliser les axes dégagés que constituent fleuves et canaux pour accéder sans encombre au cœur des cités ? Ce mode de transport, éprouvé depuis l’Antiquité, reste largement utilisé dans le secteur du BTP pour apporter au plus près les matériaux les plus lourds et encombrants. Mais il est beaucoup moins courant dans le domaine de la messagerie et de l’approvisionnement des commerces, où l’exemple de Franprix sur la Seine fait un peu figure d’exception depuis 2012. Fludis, un service de transport qui combine voie fluviale et vélos-cargos lancé à Paris en septembre 2019, a ainsi connu d’importants déboires techniques. A Strasbourg, la jeune société Urban Logistic Solutions (ULS) veut pourtant croire que la combinaison bateau + vélo-cargo peut être rentable en plus d’être écologique.

Cette dernière a répondu, en 2019, à un appel à manifestation d’intérêt de Voies navigables de France qui cherchait un exploitant pour un quai situé en plein centre-ville et destiné à la logistique urbaine. ULS pouvait s’appuyer sur d’anciens entrepôts portuaires, en bordure de la ville, qui servent désormais à la préparation des tournées de livraison. Chaque matin, des livreurs s’y affairent pour remplir des caisses grises de plis et de colis. Elles sont chargées à bord d’une barge, qui les transporte en moins de trente minutes jusqu’au quai.

Un système ingénieux permet aux livreurs à vélo de saisir directement les caisses sur leur remorque, sans l’aide d’un chariot élévateur. L’attelage peut ainsi transporter jusqu’à 180 kg ou 1,3 m3 de marchandises, sans émissions polluantes et – presque – sans effort, grâce à l’assistance électrique. Au retour, les livreurs complètent leurs tournées par la collecte des emballages usagés.

« Un service cadencé comme un horaire de train »

Le service visait, à son démarrage, l’approvisionnement des cafés et restaurants strasbourgeois. Fûts et bouteilles ont cependant rapidement été remplacés par des colis de toutes tailles, livrés aux particuliers et aux boutiques pour le compte de trois enseignes de messagerie. Ils sont aujourd’hui complétés de palettes de pavés, livrées directement sur les chantiers, ou de sacs de farine à destination des boulangers. « Nous pouvons tout transporter, de l’enveloppe de 4 grammes au colis de 1 m3. La voie d’eau permet de fiabiliser les derniers kilomètres de livraison et de proposer une logistique sûre et respectueuse de l’environnement. C’est devenu incontournable avec l’interdiction aux véhicules diesel de venir dans les centres-villes », explique le fondateur d’ULS, Thomas Castan.

Mais pour être pérenne, le transport fluvial se doit aussi d’être économique par rapport aux solutions logistiques classiques. Pour ce faire, M. Castan, ancien cadre dans l’industrie métallurgique, applique à son service les mêmes méthodes de séquençage et processus d’amélioration continue que ceux en vigueur dans l’industrie. « C’est cette qualité de service qui permet de réellement intégrer la voie d’eau aux chaînes logistiques de nos clients. Nous proposons un service cadencé comme un horaire de train », indique-t-il. Le contenu du chargement et le parcours du livreur sont ainsi spécifiés par un logiciel développé directement par la société. Tout y est minuté, mais de façon prudente : il ne s’agirait pas qu’un livreur à vélo bouscule les passants d’une rue piétonne pour être à l’heure.

La construction, en fin d’année, d’un nouvel entrepôt à énergie positive devrait permettre à ULS d’accélérer la cadence. Une nouvelle liaison est en effet prévue pour desservir la zone commerciale Nord de Strasbourg, aujourd’hui en pleine expansion. Le bâtiment devra à la fois assurer une organisation efficace des livraisons, en faisant appel à l’intelligence artificielle, et l’utilisation de modes de transports doux, avec une façade réservée au chargement des vélos et des bateaux. Ce concept est amené à être dupliqué à Lyon dès le mois de mai, avant son extension à Bordeaux, Nantes ou encore Paris.

Source : www.lemonde.fr