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Article • Bureau • Logistique • 27 August 2019

La logistique militaire ou la « supply chain » avant l’heure dans le soutien

Depuis quelques années on voit le développement de la fonction « supply chain » dans le civil comme une prise en compte dans une approche globale de la gestion de la chaîne d’approvisionnement et de ses coûts afin de maximiser la rentabilité. Cette fonction est très transverse et permet de piloter l’ensemble des fonctions de soutien de l’entreprise. Le soutien logistique des opérations s’y apparente fortement.

La logistique militaire est très différente de la logistique du civil souvent réduite aux opérations de stockages. En effet elle regroupe 13 sous-fonctions  de soutien afin de permettre au chef tactique de disposer d’une seule tête de chaîne ayant la main sur les fonctions de soutien et ainsi, pouvoir développer les synergies afin d’emporter la victoire.

Nous allons voir comment la logistique militaire prend en compte l’aspect soutien et surtout, s’intègre dans une fonction globale destinée à garantir l’efficacité opérationnelle.

Les 13 sous-fonctions du soutien logistique :

Un logisticien militaire doit être en mesure de piloter 13 sous-fonctions qui ensemble rassemble toutes les opérations de soutien d’une force. Ces 13 sous-fonctions se répartissent en deux grands groupes ou fonctions opérationnelles

La fonction opérationnelle « soutien logistique » regroupe 10 de ces sous fonctions.

– Le premier, le soutien médical est mis en œuvre par des médecins mais piloté dans sa globalité par les logisticiens militaires. A ce titre, en liaison avec le médecin responsable, le logisticien suit le potentiel de combat humain et s’assure de la prise en compte à temps des blessés et de leur évacuation.

– Le soutien de l’homme traite du soutien en alimentation, habillement et matériel de la troupe. Le logisticien toujours au titre de l’approche globale doit pouvoir assurer le renouvellement des équipements et leur entretien pour soutenir le soldat. Il assure aussi la partie alimentation qu’elle soit en ration de combat ou en vivres frais.

– Le maintien en condition opérationnelle des équipements (maintenance). Le logisticien dispose d’équipes de maintenance dédiées pour effectuer l’entretien et les réparations des matériels déployé pour combattre.

– Le soutien pétrolier. En liaison avec les ingénieurs militaires des essences, il suit et assure les flux d’approvisionnement (par flux d’externalisation ou directement en interne) et de recomplètement afin de garantir le potentiel de combat de la troupe.

– La partie acheminement est aussi gérée par le logisticien. En effet pour pouvoir garantir la pleine efficacité opérationnelle et surtout maintenir le potentiel de combat dans la durée, des flux très important en fonction de la taille du corps déployés doivent être pris en compte et intégré dans la planification. Le logisticien militaire est en charge, à son niveau, de la mise en œuvre et du suivi de ces flux.

– Le soutien munition de la force. Le logisticien est aussi responsable de l’approvisionnement mais aussi du stockage et de la maintenance des munitions à destination de la troupe. Une rupture des flux dans ce domaine en opération signifie immanquablement une défaite sur le terrain. 

– Le soutien au stationnement. Il permet à la force de se déployer et surtout de se stabiliser dans la durée. Ce soutien regroupe la production d’eau potable, la fourniture d’énergie et la mise à disposition d’infrastructure.

– La prévention des risques professionnels en opération (PRPO). Cela permet de garantir le potentiel de combat en adaptant au maximum les contraintes de travail tout en prenant en compte l’impératif de réussite de la mission. 

– Protection de l’environnement. Le logisticien militaire doit aussi prendre en compte la protection de l’environnement tout en adaptant les contraintes réglementaires civiles afin de ne pas devenir un obstacle à la réussite opérationnelle de la mission.

– Condition du personnel en opération (CPO). Cette fonction est primordiale pour garantir la préservation du capital humain. Cela passe par la mise en œuvre de loisirs et en particulier garantir des communications vers les familles pendant la période de déploiement.

La fonction opérationnelle « soutien administratif militaire » regroupe 3 de ces sous fonctions.

– Soutien administratif. Ce soutien permet l’administration du personnel déployé pour l’occasion mais aussi les opérations de comptabilité des matériels etc.

– Le soutien juridique. Ce soutien permet de garantir la liberté d’action du chef en le conseillant sur l’aspect juridique.

– Le soutien financier. Cela permet de garantir la partie financière de l’opération et de tenir la comptabilité ainsi que le suivi des lignes de crédits dédiés à l’opération.

L’approche globale du soutien logistique :

Nous voyons donc que le logisticien militaire, dispose avec son réseau d’expert, d’un champ très large d’activité. Il est l’échelon de synthèse de l’ensemble de ses sous-fonctions afin de pouvoir rendre compte à chaque instant au commandant tactique de la capacité en cours et future de la force.

Il dispose aussi d’unités de soutien spécialisées souvent regroupées dans des structures tactiques (train de combat, bataillon logistique ou groupement tactique logistique). Ainsi il pourra mettre en œuvre le soutien et garantir un effet rapide sur le terrain. Cela pour pallier aux consommations ou réduction de potentiel dû à la manœuvre tactique. Il doit aussi, avec un effectif limité, définir les efforts, planifier l’ensemble des opérations ayant trait à ses 13 sous-fonctions tout en réadaptant en permanence le dispositif.

Présent dès la conception… 

Pour pouvoir être efficace, le logisticien est présent dès les premières phases de préparations des opérations militaires quel que soit le niveau. Il participe aux travaux de planifications des opérations et expose au commandant militaire les possibilités dont il dispose avec ses moyens. Il se prononce aussi sur la soutenabilité de la manœuvre tactique proposée avant que le chef la valide. Le logisticien se situe au centre opération de l’unité afin de suivre l’évolution de la manœuvre et de pouvoir « sentir » la situation tactique pour ainsi proposer en permanence les ajustements nécessaires.

De même à chaque évènement pouvant remettre en cause la manœuvre et nécessitant au chef tactique de mener une réflexion, le responsable logistique y est associé. Cela afin de présenter la situation logistique du moment et de proposer, en ayant la main sur l’ensemble des sous-fonctions des évolutions ou ajustements.

… afin de mettre en œuvre le soutien logistique de la force :

Une fois le chef ayant validé le plan, le responsable logistique rédige les ordres de mise en œuvre aux unités de soutien.

Pour se faire, il dispose des experts de chaque sous fonction. Dans le but de pouvoir proposer des modes d’action et une utilisation au plus juste des moyens logistiques, toujours comptés. Il définit les périodes d’efforts du soutien dans chaque sous fonction.

En conclusion, nous avons vu que la logistique militaire ne se résume pas au terme logistique du monde de l’entreprise.

L’exigence du milieu et les manœuvres de l’adversaire imposent que le commandant puisse disposer d’un logisticien ayant une approche globale

Cette approche passe naturellement par une compréhension des opérations, c’est pour cela que la logistique est plutôt une spécialité dans les armées de 2e partie de carrière.

Cela permet que l’officier occupant les fonctions de directeur logistique puisse comprendre et appréhender les besoins des unités de combat.

Le directeur logistique dispose de l’ensemble des sous-fonctions de soutien afin de garantir la pleine efficacité opérationnelle.

 Il doit alors disposer de connaissances assez étendues dans tous les domaines. Cela dans le but de pouvoir guider le travail de ses experts et d’utiliser les ressources de manière optimisées.

source:Logistiquepourtous.fr