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Article • Bureau • Divers • 01 June 2019

La démission de Thérésa MAY risque de provoquer une récession et un hard Brexit !

Theresa May a annoncé vendredi sa démission pour le 7 juin, renforçant l'hypothèse d'un départ du Royaume-Uni de l'UE sans accord.

 

Fin de partie pour Theresa May. La Première ministre britannique, visiblement émue, a annoncé qu'elle démissionnerait de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur - et donc de cheffe du gouvernement - le 7 juin, dans une allocution prononcée devant le 10, Downing Street, exprimant "un profond regret de ne pas avoir été capable de mettre en oeuvre le Brexit", rapporte l’AFP. "Ce fut l'honneur de ma vie d'être la deuxième femme à occuper le poste de Premier ministre" après Margaret Thatcher, a-t-elle ajouté. Sa voix s'est cassée au moment de terminer sa brève déclaration en proclamant son "amour" pour son pays, la dirigeante masquant l'émotion qui la submergeait en faisant volte-face pour se diriger vers ses bureaux.

La démission de Theresa May “va donner le coup d’envoi d’une course à la présidence du Parti conservateur, dont le gagnant deviendrait aussi le Premier ministre du Royaume-Uni. Cette démission fait suite à la fin des discussions avec le parti travailliste, qui n’ont officiellement pas débouché sur un accord”, relève Azad Zangana, économiste senior pour l’Europe et stratégiste chez la société de gestion britannique Schroders. A ce stade, Boris Johnson, l’ancien secrétaire aux affaires étrangères et maire de Londres, fait figure de favori, chez les bookmakers.

Une fois au pouvoir, ce Brexiter (partisan du Brexit) “pur et dur” pourrait “viser une sortie sans accord du Royaume-Uni de l’Union européenne (no deal Brexit), en dépit du vote du Parlement britannique, qui s’était prononcé contre cette option”, souligne l’économiste, qui précise que Boris Johnson pourrait parvenir à ses fins en refusant de se conformer aux exigences de Bruxelles, qui demande au Royaume-Uni de continuer à suivre les règles.

A priori, une telle évolution conduirait l’Union européenne à accepter un divorce pour octobre”, ajoute l’expert, qui juge qu’un tel événement serait de nature à peser sur le rythme de croissance de l’économie britannique. “Elle pourrait même tomber en récession vers fin 2019 début 2020”, juge-t-il. Face au coup porté sur la croissance économique du pays, la Banque d’Angleterre finirait alors par abaisser son taux d’intérêt directeur, selon lui. Dans un tel contexte, la livre Sterling aurait des chances de se déprécier, provoquant ainsi une poussée de l’inflation (du fait du renchérissement mécanique des biens importés, NDLR). Comme les ménages ont déjà puisé dans leur épargne pour leur consommation, aplatissant ainsi leur coussin de sécurité, une contraction de la demande serait alors jugée très probable par Schroders…

 

Or, le scénario d’un no deal Brexit est plus probable depuis ce weekend, qui a vu le Parti du Brexit du populiste Nigel Farage, partisan d'une rupture nette avec l'UE, arriver nettement en tête des européennes au Royaume-Uni avec 31,8% des voix, selon des résultats partiels dimanche. Nigel Farage, 55 ans, ancien trader à la City, avait déjà en 2014 remporté les élections européennes, à l'époque à la tête du parti europhobe et anti-immigration Ukip. Il est pour un départ à tout prix de l'UE, même sans accord pour absorber le choc.

 

"Pour honorer le vote démocratique du peuple et les promesses qui ont été faites, la seule chose que nous puissions faire est de sortir (de l'UE) avec les termes de l'OMC", a-t-il déclaré pendant la campagne, rapporte l’AFP. C'est-à-dire en quittant l'union douanière et le marché unique pour des relations commerciales régies par l'Organisation mondiale du Commerce. la nouvelle victoire de Nigel Farage ne peut que conforter l'aile europhobe du Parti conservateur, favorable à une coupure nette avec l'UE. Et il a dans tous les cas demandé dès dimanche soir à "faire partie de l'équipe de négociations (avec l'Union Européenne, ndlr) afin que ce pays soit prêt à partir quelles que soient les circonstances", rapporte l’agence de presse.

source : capital.fr