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Article • Rouen • Ferroviaire • 28 October 2019

Report modal : la bataille du rail reste à gagner au Havre

Pour tirer profit du transport massifié, le port du Havre doit revoir le fonctionnement de son terminal multimodal et améliorer sa desserte ferroviaire.

Le fret ferroviaire est à la peine. Moins de 5 % des conteneurs partent du Havre en empruntant le rail, quand la route représente 85 % des flux. Le directeur général du port du Havre, Baptiste Maurand, le reconnaît, c’est "un enjeu majeur". La bataille du transport maritime se joue aussi sur terre, à l'échelle des hinterlands.
Une amélioration est attendue en 2020, avec la mise en service de la ligne Serqueux-Gisors : cette alternative à l’axe saturé de l’Île-de-France vise à offrir, avec jusqu’à 25 convois par jour dans les deux sens, de la capacité supplémentaire pour les trains de marchandises entre les ports normands et la région parisienne.


Accompagner les opérateurs

Les travaux de modernisation et d’électrification de ce tronçon ferroviaire de 50 km devraient s’achever en octobre 2020, menés par SNCF Réseau avec le concours de Haropa et financés à hauteur de 246 millions d’euros par l’Union européenne et le Contrat de plan interrégional État-région (CPIER) Vallée de Seine 2015-2020.
"Nous voulons créer un environnement propice au développement de nouveaux services à partir du Havre, souligne Baptiste Maurand, et regarder comment lever les derniers freins au développement de services économiquement viables sur un certain nombre de destinations. Nous allons analyser route par route avec les opérateurs du ferroviaire, voir comment ils peuvent développer leurs trafics et les accompagner dans cette voie"
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"Lever les freins au développement de services viables"

 


Autre axe d’amélioration, le terminal multimodal du Havre. "Il va bien", assure le directeur du Grand Port maritime du Havre (GPMH). La plateforme d'une capacité de 300.000 EVP connectée aux terminaux portuaires par des navettes ferroviaires avait été décidée en 2008 pour accueillir les trains de ligne et les unités fluviales, en faisant l'économie d'une écluse. Dès sa mise en service en 2015, elle a connu des débuts difficiles, de nombreux dysfonctionnements et des déboires économiques et juridiques.
Depuis, le trafic augmente progressivement, avec 155.000 EVP traités en 2018, contre 143.000 EVP en 2017 et 70.000 EVP en 2016. Les volumes opérés sur le terminal multimodal ont représenté environ 47.000 conteneurs au terme du premier semestre 2019, soit près de 80.000 EVP, "confirmant la tendance d’un trafic annuel de l’ordre de 96.000 conteneurs pour 2019", selon le GPMH, soit 163 200 EVP.


Le port au capital du terminal multimodal ?
 
"Nous avons la ferme intention d’être un acteur plus direct dans la politique économique du terminal, la manière dont il répond aux besoins des opérateurs ferroviaires", annonce Baptiste Maurand. Le fonctionnement du site avait été épinglé en juillet 2018 par la Cour des comptes, qui a réclamé l’unification de la gestion du terminal et de la navette et rappelé "la nécessité d’améliorer la desserte ferroviaire du port".
Le Grand Port maritime du Havre a lancé un appel d’offres en avril pour l’exploitation de la plateforme intégrant celle de la navette ferroviaire, dans le cadre d’une concession de service public. Aucune entreprise n'ayant candidaté, l'établissement est actuellement en négociations avec les actionnaires pour entrer dans le capital.