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Article • Paris • Fluvial • 26 mars 2019

Gennevilliers, le nouveau grenier de Paris

 

Situé aux portes de la capitale, le principal port francilien se met à l'heure de la logistique multimodale et de la fameuse desserte urbaine du dernier kilomètre. Mais la possibilité d'utiliser la Seine pour livrer Paris fait hésiter nombre de distributeurs.

Quand Fulgence Bienvenüe, le père du métro de Paris, a entrepris de dresser les avant-projets du futur port de Gennevilliers, au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec son acolyte Louis Suquet, bâtisseur des grands canaux parisiens, les deux ingénieurs étaient sans doute loin de prédire le visage que prendrait le site des Hauts-de-Seine un siècle plus tard. Fiché dans une boucle fluviale de la « banlieue rouge » au nord-ouest de la capitale, il a connu son essor à partir des années 1950. 

Lorsque quatre bassins furent ajoutés aux deux darses d'origine, plus un réseau de chemin de fer (22 kilomètres de voies ferrées intérieures), pour y charger ou décharger des pondéreux certes indispensables à l'économie des Trente Glorieuses, mais fort peu glamour : ciment, sable, charbon, ferraille, produits chimiques, ordures ménagères, pétrole arrivé du Havre par oléoduc... C'est aussi ici que la régie Renault avait choisi de stocker, dès 1967, des milliers de berlines neuves en attente de livraison, sur 8,5 hectares.

A 7 kilomètres de Paris

Mais aujourd'hui, changement de décor : reflétant le déclin de l'industrie et la montée du tertiaire avec les cruciales livraisons urbaines dites du « dernier kilomètre », les nouveaux occupants se nomment Ikea, Leroy Merlin, TNT Express, qui côtoient les grands logisticiens DB Schenker, Geodis et le danois DSV. Le site appartenant à l'établissement public Haropa-Ports de Paris a beau couvrir 401 hectares, la place disponible est devenue rare. Jouant des coudes face aux nombreux recycleurs de déchets de toutes sortes (Derichebourg, Paprec, Sita, Veolia, etc.), eux aussi en plein essor, beaucoup de spécialistes du transport et de la livraison ont compris l'intérêt stratégique du lieu. Situé à 7 kilomètres des portes de Paris, marché de très grande consommation, ainsi qu'au carrefour de nombre d'autoroutes (A86, A15, A1, A14).

Petit à petit, Gennevilliers est passé du statut de premier port fluvial français (devant Strasbourg, Lyon et Lille) à celui de première plate-forme multimodale francilienne, critère nettement plus flatteur pour ceux qui misent à 100% sur le transport routier. « Le port est condamné à se diversifier. Ces dernières années, la part de la logistique s'est accélérée ici », constate Kris Danaradjou, le directeur du port de Gennevilliers, qui traite 20 millions de tonnes de marchandises annuelles en transit chez 270 entreprises locataires, employant au total 8.000 personnes. Dès 2012, son schéma d'orientation et de développement durable (SODD) visait en premier lieu à « faire de la plate-forme un hub majeur de la logistique d'Ile-de-France et encourager le report modal ».

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