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Article • Bureau • Divers • 28 novembre 2018

Philippe CANETTI (Dg de DAF Trucks) appelle à la mobilisation...

 

“La profession doit se rassembler pour changer l’image du camion”

Transition énergétique, ambitions, Philippe Canetti évoque l’actualité de Daf sans langue de bois. Il lance aussi un appel à la profession pour un rassemblement qui permettrait de redorer l’image du TRM auprès du grand public.

Transport Info : Quel premier bilan de l’année 2018 faites-vous pour Daf France ?

Philippe Canetti : Daf va enregistrer une année record car nous n’avons jamais autant facturé de véhicules dans l’Hexagone. C’est lié à un alignement des planètes avec en premier lieu un marché français toujours élevé, un produit élu camion de l’année (gammes XF et CF) soutenu par un réseau performant qui compte selon moi certains des meilleurs concessionnaires VI toutes marques confondues. Je tiens aussi à souligner le mérite des équipes internes qui soutiennent cette activité commerciale. En termes de part de marché, l’atterrissage final devrait se situer autour des 13%. Dans le détail, nous avons capitalisé sur les conquêtes réalisées en 2017 tout en pénétrant de nouvelles grandes flottes à l’instar du groupe Napoly. Nous sommes également très fiers des résultats enregistrés dans la partie flotte régionale dans laquelle j’inclue les groupements. En termes de segments de véhicules, nous réalisons d’excellents scores avec nos porteurs LF 4×2 en 16 t et 19 t. Quand je suis arrivé chez Daf en 2008, on atteignait 2% dans la catégorie des moins de 16 t alors qu’aujourd’hui on affiche 10 points. Cette réussite s’est exprimée à travers tous types de clients (retail, loueurs, flottes…) et de marchés (construction, distribution, frigo…). Nous avons toujours eu la culture du tracteur chez Daf ; depuis quelques années, nous essayons de lui associer celle du porteur. Il n’y a aucune raison technologique que nous soyons moins performants dans ce domaine.

TI : Comment s’annonce l’exercice 2019 ?

PC : La pénurie de conducteurs et la hausse du prix du gazole devraient gripper le marché, même si on ne table pas sur un fléchissement au premier semestre. Pour varier les plaisirs, nous essaierons de battre des records en pénétration et non plus en facturation comme cette année. Pour la partie produits, les sources d’améliorations concernent les porteurs 6×2, 6×4, 8×4 en ayant par exemple un accompagnement du réseau encore plus pointu que celui qu’on a eu jusqu’à présent à travers des outils ou de la formation. Concernant ce dernier volet, on passe beaucoup de temps à former les chauffeurs à la conduite économique et rationnelle à l’aide de sessions de coaching à distance (de 2 mois à 6 mois). Depuis octobre, toutes les commandes de tracteurs chez Daf France sont d’ailleurs assorties à une formation gratuite à la conduite (e-coaching).

TI : Comment se positionne Daf dans le domaine de la transition énergétique ?

PC : La position de Daf et du groupe Paccar est d’être pragmatique. Cela revient à trouver la solution qui soit la plus pertinente d’un point de vue industriel, économique et environnemental. Nous avons bien conscience que la technologie diesel est mise au banc de la société malgré ses nombreuses qualités. Il est important de rappeler qu’un moteur Euro 6 n’émet plus de polluant toxique et qu’il a considérablement réduit ses émissions de CO2. Pour répondre aux défis de l’Europe qui impose à la profession une baisse de 20 % en 2025 et de 35 % en 2030 de ces émissions, nous avons travaillé chez Daf à une électrification de nos gammes comme l’a très bien souligné notre stand lors du dernier IAA. La distribution inter urbaine sera ainsi effectuée par des solutions 100% électriques avec le LF qui permet d’afficher une autonomie de 220 km (tournée en général de 60-80 km). Concernant les trajets inter sites industriels, on avance notre CF 100% électrique. Pour la distribution péri urbaine, notre solution la plus pertinente est le CF hybride avec le moteur MX 11 de 450 ch. Si la technologie électrique pose la problématique des infrastructures, une chose est sûre : du puits à la roue, en France, l’électricité nous paraît être un choix judicieux avec un parc de centrale nucléaire a priori fiable. Après, on peut s’interroger sur la pertinence de cette solution au niveau européen, sachant qu’il y a des pays comme l’Allemagne ou la Pologne qui produisent de l’électricité avec des centrales à charbon. Nous pouvons aussi nous poser des questions sur le gaz qui est aujourd’hui présenté comme LA solution alternative, mais qui ne nous paraît pas pertinente d’un point de vue industriel et environnemental. On parle en effet trop peu souvent des évaporations du méthane non brûlé à l’extraction du gaz ou quand il se trouve dans les réservoirs du véhicule. Alors certes, par rapport au diesel, on enregistre peut-être moins de CO2 aux pots d’échappement mais, en revanche, il y a en beaucoup plus en amont. Pour le futur, Paccar travaille aussi sur l’hydrogène car nous ne nous contentons pas uniquement de l’électrification et de l’hybridation de nos gammes.

Source:  Transport Info

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