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Article • Bureau • Maritime • 12 September 2019

30 M€ pour propager le courant de quai aux ports de Marseille, Toulon et Nice

Première ville française à avoir déployé le courant de quai en 2017, Marseille a accueilli ce matin, à l’Hôtel de Région, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne et le nouveau secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari pour le lancement par Renaud Muselier du dispositif « Escales Zéro fumée ». 30 M€ destinés à accompagner les ports et les armateurs dans la transition énergétique à quelques mois de nouvelles échéances réglementaires contraignantes. 

L’enveloppe de 30 M€, qui doit évoluer au fil du temps, est destinée aux infrastructures portuaires nécessaires au branchement à quai pour 20 M€, 5 M€ viendront en support des compagnies maritimes dans leurs travaux de retrofit de leurs navires, avec un ticket maximum de 300 000 € par navire pour les compagnies desservant la Corse et le Maghreb. Que ce soit pour l'embranchement à quai de leurs navires, l'équipement en dispositifs d'épuration des gaz de type scrubbers (de dernière génération) ou la conversion au GNL. Par ailleurs, des fonds seront alloués au développement de la filière GNL ainsi qu'à celle de l'hydrogène, identifié comme le seul carburant maritime vraiment efficace pour traiter toutes les émissions polluantes. Une enveloppe sera également fléchée vers les associations de défense de l’environnement

Port de Marseille, le grand bénéficiaire 

Le Grand port Maritime de Marseille sera le principal bénéficiaire avec 10 M€ de la Région et 5 M€ du Conseil départemental des Bouches du-Rhône qui financeront la première des trois tranches d’investissement destinées à équiper les ferries et cargo-mixtes sur la Corse, puis ceux desservant le Maghreb depuis le Cap Janet et enfin les paquebots à horizon 2024. « Chaque tranche représente un investissement de 15 à 20 M€. D’ici à 2024 nous aurons investi 50 à 55 M€ », détaille le président du GPMM Jean-Marc Forneri. Les représentants des métropoles de Toulon, Nice et le président de la Collectivité territoriale de Corse ont salué cette initiative qui concerne l’ensemble du bassin méditerranéen . « Comment imaginer qu’un navire puisse être branché à Marseille et ne le soit pas à Bastia ? », a lancé Gilles Siméoni. S’adressant à la ministre, il n’a pas manqué de souligner que la transition énergétique relevait de  décentralisation.

Suramortissement fiscal

La ministre Élisabeth Borne n’a pas annoncé de financement spécifique complémentaire. Elle a néanmoins précisé que le plan « Escales zéro fumée » était assorti d’un dispositif fiscal de suramortissement pour les armateurs. « Nous discutons avec la Commission européenne. Les motorisations GNL ou hydrogène bénéficient d’un dispositif de suramortissement de même que les scrubbers », a-t-elle assuré.

L’association France Nature Environnement s’est félicitée de ce plan précisant toutefois qu’elle restait vigilante. « Ce geste fort constitue un premier pas important dans la lutte contre la pollution des navires », a souligné Gilles Marcel, présent de FNE en Provence Alpes Côte d’Azur. Selon la région PACA, le secteur maritime concentre 10 à 15 % du total des pollutions atmosphériques à Marseille, et jusqu'à 40 % pour les oxydes d'azote. En juin dernier, le port de Marseille annonçait un vaste plan de 20 M€ pour connecter l’ensemble des navires des Bassins Est d’ici à 2025. 

N.B.C / Le journal de la marine marchande